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Crash du Boeing 787 Air India : ce que l’on sait sur le profil de Sumeet Sabharwal, le commandant de bord
Un mois après le drame, le crash du vol AI171 d’Air India, survenu le 12 juin dernier peu après son décollage d’Ahmedabad en direction de Londres, continue de soulever des interrogations. L’accident, qui a coûté la vie à 260 personnes, semble de plus en plus lié aux actions du commandant de bord, Sumeet Sabharwal. Mais les conclusions définitives restent suspendues à l’issue de l’enquête en cours.
Des interrupteurs de carburant en cause
Selon un rapport préliminaire du Bureau indien d’enquête sur les accidents aériens (AAIB), les deux interrupteurs de carburant du Boeing 787-8 sont passés de la position RUN à CUTOFF quelques secondes après le décollage, stoppant brutalement l’alimentation des moteurs. Le Wall Street Journal, citant des responsables américains, affirme que le geste viendrait directement du commandant Sumeet Sabharwal.
Un enregistrement du cockpit, non rendu public, révèle un échange tendu : le copilote, Clive Kunder, aurait réagi avec surprise, voire panique, à l’action du capitaine, lequel serait resté calme. Dix secondes plus tard, les interrupteurs auraient été remis en marche, mais trop tard pour sauver l’appareil.
Un pilote expérimenté mais fragilisé
Le portrait du commandant de bord dresse un contraste saisissant. D’un côté, un professionnel aguerri, titulaire d’une licence ATPL valide jusqu’en 2026, avec plus de 15 600 heures de vol, dont la moitié sur Dreamliner. De l’autre, un homme affecté psychologiquement par le décès de sa mère, décrit comme dépressif et désireux de prendre sa retraite pour s’occuper de son père âgé, selon The Sun.
Un ancien instructeur aurait confié qu’il avait levé le pied sur ses missions ces dernières années. Une voisine de Mumbai rapporte qu’il envisageait d’arrêter très bientôt : « Juste un ou deux vols, et j’arrête. »
Suicide ? Erreur ? Défaillance technique ?
L’hypothèse d’un geste délibéré n’est pas écartée, mais rien ne permet encore de la confirmer. D’après le Times of India, Sumeet Sabharwal aurait passé un appel à sa famille avant le départ, promettant de les recontacter à son arrivée à Londres — un geste peu compatible avec une intention suicidaire.
De son côté, le président de la Fédération des pilotes indiens, Charanvir Singh Randhawa, rejette les conclusions du WSJ : « Le rapport préliminaire ne mentionne nulle part que les pilotes ont actionné les interrupteurs. Laissons les enquêteurs faire leur travail. » Air India, de son côté, affirme avoir effectué des inspections de sécurité sur les mécanismes de verrouillage des interrupteurs de carburant sur ses autres Boeing 787, sans y trouver d’anomalie.
Des questions sur la formation des pilotes
L’affaire ravive aussi les craintes liées à la formation des pilotes en Inde. En 2011, la DGCA (Direction générale de l’aviation civile) avait alerté sur l’existence potentielle de milliers de licences falsifiées. Bien qu’aucune preuve ne mette en cause directement Sumeet Sabharwal sur ce point
